Je suis vegan : pourquoi et comment ?

Je ne veux faire la morale à personne, je ne veux obliger personne, je ne juge personne ; je veux juste vous expliquer mes principes et mes valeurs.

Afficher l'image d'origineLes premiers à lire cet article seront (je l’espère) ma famille, mes amis proches ou moins proches, bref, mon entourage. Et ceux-là savent parfaitement comment je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais aimé la confrontation, je n’ai jamais aimé les disputes, et ce n’est toujours pas le cas. C’est pourquoi, j’ai préféré passer par là pour vous expliquer mon choix. Pour vous montrer que, malgré ce qu’on peut entendre ou lire, il n’y a rien d’extrême dans cette décision (et parce que certaines personnes ne laissent même pas le temps pour des explications et je trouve cela très frustrant…). D’ailleurs, il m’arrivera parfois de ne pas vouloir en parler.

Et pour ceux qui ne me connaissent pas, cela vous aidera peut-être à comprendre le choix d’un proche.

  • Tout d’abord, un petit rappel de lexique !

Flexitarien : se veut végétarien, mais mange de la viande occasionnellement

Végétarien : ne mange pas de chair animale, c’est-à-dire la viande et le poisson.

Végétalien : ne mange pas de produit d’origine animale, c’est-à-dire la viande, le poisson, le lait, les oeufs et le miel.

Vegan : c’est un végétalien qui refuse toute forme d’exploitation animale, c’est-à-dire, la laine, le cuir, la fourrure, les produits testés sur les animaux, etc.

(NB : tous les végans ne sont pas identiques. Certains décident de bannir d’une traite absolument tout. Quant à moi, j’ai décidé que je ne jetterai rien, par souci écologique et parce qu’il est déjà suffisamment horrible d’avoir exploité un animal, je n’ai pas envie que ce soit en plus jeté à la poubelle. Mais, je n’accepterai plus d’en acheter ou d’en recevoir en cadeau, maintenant que vous êtes au courant…)

Les sujets abordés dans cet article seront :

  • Mon chemin vers le végétarisme
  • La difficulté de rester sur ses positions : ma période “flexitarienne”
  • Je reprends le chemin vers le véganisme
  • Et la santé ?
  • Comment ça se passe dans mon assiette ?

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Mon chemin vers le végétarisme :

Depuis bien longtemps, je refuse la maltraitance sur les animaux, je ne supporte pas de voir souffrir un animal, encore moins pour mon propre plaisir. A l’âge de 14 ans, après avoir visionné un reportage en classe d’histoire-géo sur les abattoirs, de la vache au hamburger, j’ai réalisé l’horreur cachée derrière les morceaux de viande que je dévorais pourtant goulument (Eh oui, j’adorais dévorer des ailettes de poulet avec la délicatesse d’une femme des cavernes !). Mais après avoir vu cela, je ne pouvais pas continuer à en manger, c’était bien trop répugnant. Au début, ce n’était pas forcément facile d’expliquer mon choix et de trouver de bons arguments (à cet âge-là et avec le peu d’informations que j’avais, tu m’étonnes…), de faire comprendre à mes parents, puis le reste de mon entourage, que ce n’était pas un caprice mais un véritable choix, ou plutôt une véritable prise de conscience. Mais j’ai tenu bon, et puis le verdict est tombé : mon bilan sanguin est bon, il n’y a pas de carences, je peux continuer. Je suis alors restée végétarienne (et en parfaite santé) pendant 7 ans.

La difficulté de rester sur ses positions : ma période “flexitarienne”

Même si mon entourage s’est montré compréhensif et bienveillant pour la plupart, j’ai aussi eu affaire à des personnes plus agressives. Certaines me disant explicitement que c’était totalement idiot en avançant des arguments plus que douteux, certaines personnes refusant de m’inviter à manger, d’autres essayaient même de cacher de la viande dans mon assiette. Parfois, je me sentais aussi mal à l’aise quand je voyais certaines personnes paniquées à l’idée de m’inviter à manger (“mais qu’est-ce que tu vas manger ?!”), de peur que je ne mange rien (comme si la viande faisait tout le repas). C’est de cette façon qu’un jour (et à cause d’autres facteurs personnels), j’ai cédé à cette pression et j’acceptais à nouveau de manger “comme tout le monde” pour ne pas froisser les gens. Mais voilà précisément le problème : “comme tout le monde”. Tout d’abord, cette alimentation ne me dérangeait pas moi, elle dérangeait les autres. Et surtout, elle dérangeait parce qu’elle signifiait que je ne faisais pas comme tout le monde. On est conditionné à “faire honneur au plat”, “être poli” et à penser qu’un repas sans viande n’est pas un repas, à considérer le repas comme l’événement social par excellence. Ainsi, ne pas s’insérer dans cette norme revient à dire (pour certains) qu’on ne souhaite pas s’insérer dans la société (comme à chaque fois qu’on ne rentre pas dans une norme, en fait…). Refuser de manger le même plat que le reste de la tablée n’indique pas que je ne veux pas être avec ces gens. Ce n’est pas le fait de manger le même plat qui fait que l’on passe un bon moment, c’est parce qu’on est entouré de personnes à qui on a des choses à dire, avec qui on aime passer du temps. Cela paraîtra tiré par les cheveux pour quelques uns d’entre vous, je m’y attends, mais prenez le temps d’y réfléchir deux minutes… Voyez comment les repas sont considérés à l’étranger, voyez comme les coutumes sont si différentes… Cela démontre bien qu’il ne s’agit que d’une construction sociale, rien de plus, rien de moins. De même que les critères de beauté ne sont pas les mêmes d’une culture à l’autre, voire d’une époque à l’autre.

Et soyons honnêtes quelques instants. Suis-je une personne différente parce que je ne mange pas comme vous ? Suis-je devenue moins amicale et bienveillante ? Est-ce que j’ai l’air malade ? Non ? Pourtant j’ai bien changé d’alimentation.

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Je reprends le chemin vers le véganisme

Alors, pourquoi un changement qui vous semble si “radical” ? Pour une simple et bonne raison : je veux être cohérente entre mes convictions et mes pratiques. Je ne peux pas défendre la cause animale, pleurer devant un animal maltraité (ou mort) et continuer d’en manger ou d’en exploiter pour mon plaisir gustatif ou une histoire de tradition ; pour moi, ce n’est pas logique. Je ne peux pas défendre une cause dans mes paroles d’un côté, et la tacler de l’autre. En réalité, ça fait bien longtemps que l’idée s’est implantée dans mon esprit, il m’a seulement fallu du temps pour arrêter de faire des choses qui ne me plaisent pas, juste “pour les autres”, pour ne pas froisser les autres. Et franchement, depuis que j’ai franchi ce pas, je me sens parfaitement bien dans ma tête et dans mon corps. J’ai retrouvé le plaisir de ME faire à manger, j’ai retrouvé un bon transit, un sommeil de bébé, la motivation de faire du sport, l’envie de réaliser des projets, je suis en pleine forme. Alors pourquoi vouloir me forcer à perdre ça ? Je me suis toujours montrée tolérante, et je le serai toujours ; je ne forcerai jamais personne à faire quoi que ce soit. Bien sûr que j’ai envie de partager mes convictions et pourquoi pas ouvrir la voie à certains d’entre vous. Mais, JAMAIS je ne vous obligerai à faire quoi que ce soit que vous ne voulez pas. Cette décision, elle doit venir de vous. De la même façon que je souhaite qu’on me laisse faire ce que j’ai à coeur de faire, qu’on ne m’oblige pas à aller à l’encontre de mes principes juste pour “faire plaisir” ou rentrer dans une norme que je n’ai jamais souhaité (et que vous n’avez certainement jamais souhaité non plus…). D’après vous, qui est le plus embêté des deux lors d’un repas ? Vous, qui continuez à manger votre plat avec plaisir pendant que je mange mon plat végétalien? Ou moi, qui suis obligée de me forcer à faire quelque chose qui me fait mal au coeur pour vous faire plaisir ?

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Et la santé ?

Alors, évidemment, je me suis posée des questions, je me suis renseignée, je me suis documentée sur ce mode de consommation. Le but n’est pas de mettre ma santé en danger, bien au contraire, et ce n’est surtout pas une décision prise à la légère en me levant un matin. Cela fait bien longtemps que je réfléchis à la meilleure façon de sauter le pas, sans perturber tout le monde. Je sais ce dont j’ai besoin et comment répondre à ces besoins. Et puis, peu importe votre alimentation, ce sera toujours une question d’équilibre. Vous pouvez tout à fait avoir des carences avec une alimentation carnée. Entre un végétalien qui prend soin de manger varié et un omni qui se nourrit de frites, hamburger, pizza, pâtes et riz en faisant l’impasse sur les légumes, les fruits et les céréales, je vous laisse deviner lequel sera en meilleur santé.

Si vous êtes curieux et si vous voulez en discuter calmement, j’en serai ravie. Mais si vous n’êtes tout simplement pas prêt pour cette conversation, alors parlons d’autre chose (tu savais que j’étais de la maison Serpentard à Poudlard ?). J’ai d’autres centres d’intérêt et ma personnalité ne se limite pas au contenu de mon assiette.

Justement, comment ça se passe dans mon assiette ?

Eh bien, je mange toujours autant, mais différemment. Pour faire simple, si ça implique d’exploiter un animal : je ne mange pas. Donc, pas de viande, de poisson, de lait et d’oeuf.

Forcément, je cherche des alternatives, je tente des nouvelles recettes. Parfois c’est super bon et j’en mange trois repas de suite. Et d’autres fois, c’est immonde, il n’y a pas d’autres mots. Alors, je supprime cette recette de ma liste et j’essaye autre chose.

Vous paniquez à l’idée de m’inviter à manger ? Alors plusieurs solutions s’offrent à vous :

  1. Ne m’invitez pas. Non, je plaisante ! Ca c’est pour ceux qui n’en ont rien à faire et qui sont aussi ouverts d’esprit qu’une petite cuillère. Et ceux-là, honnêtement, n’ont rien à faire dans mon entourage.
  2. Ne changez rien, faites votre plat. Je mangerai les accompagnements (les légumes, les légumineuses, les pâtes, le riz, les fruits, etc.). Je ne vais pas mourir de faim, ni faire de carences (je mange aussi le reste de la journée, comme tout le monde. Si je n’ai pas assez de glucides, lipides, fer ou calcium dans 1 repas, ce n’est pas grave, je me rattraperai au prochain repas. C’est un peu comme quand vous vous enfilez un américain, vous n’avez pas tous les nutriments, mais ce n’est pas grave parce que ce sera rapidement compensé aux prochains repas). Mais surtout, je ne vous en voudrai pas du tout de ne me servir “que” un plat de légumes ; bien au contraire, j’apprécierai énormément l’effort.
  3. Prévenez-moi, et j’apporterai ma petite boite. Avoir un plat différent ne m’empêchera pas de m’asseoir à la même table, de boire un bon verre de vin ou une bonne bière et rigoler de bon coeur aux blagues de la soirée (ça, ça ne change pas !). Quand on va au restaurant et que chacun prend un plat différent, est-ce qu’on passe une mauvaise soirée pour autant ? D’ailleurs, je pourrai même vous faire goûter quelques plats ou desserts, si vous le souhaitez ! (Bon, peut-être pas tout de suite, car je ne suis pas encore au point sur les desserts vegan, sauf si vous aimez le crumble !)
  4. Demandez-moi des recettes. Si vous vous sentez l’envie de cuisiner de nouvelles choses, sachez qu’il existe des taaaaaaas de recettes végétaliennes (très simples), souvent très semblables à leur version carnée.

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Mais surtout, n’oubliez pas que lorsque je viens chez vous, ou quand je vais au restaurant avec vous, c’est pour passer un bon moment, AVEC VOUS, pas avec mon assiette ! Alors ne vous inquiétez pas de son contenu, je suis assez grande pour le faire moi-même 🙂

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