☁ Pensée d’une lectrice #2 – Quand les livres sont vivants…

Cette semaine, j’ai décidé d’aborder le thème du livre papier et du livre numérique. Dans ces articles, je rappelle que je ne souhaite pas faire une enquête sur le sujet, mais plutôt d’y proposer mes pensées personnelles, la façon dont je perçois les choses. Ce débat, en particulier, est déjà grand et mérite qu’on y passe du temps, puisqu’il soulève non seulement une question de préférence mais aussi des questions économiques et peut-être même éthiques quand on pense au travail de tous ceux qui participent à la chaîne de production d’un livre. Evidemment, je me sens concernée par ces problèmes, mais là n’est pas la question du jour.

Avant d’aborder le coeur du sujet, il me faudra revenir sur mon histoire avec les livres. Comme je l’ai déjà évoqué, j’ai toujours aimé lire et surtout, j’ai toujours été admirative devant les bibliothèques remplis de ces mots, de ces pages, de ces livres. Cette passion est d’autant plus dévorante depuis que j’ai découvert la littérature jeunesse moderne.

Mais la question d’aujourd’hui s’est posée, et continue de m’interroger, quand j’ai décidé d’acquérir une liseuse. Comment une amoureuse du toucher des pages et de l’odeur des livres a pu accepter de passer à un objet aussi inanimé qu’une liseuse ?


  • Pourquoi les livres me paraissent-ils si vivants ?

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Les livres me rassurent et m’apaisent : je n’ai plus peur du vide, de ne pas savoir quoi faire, de me sentir enfermée dans des situations stressantes ou malheureuses. Je pense qu’il est important d’accepter d’entrer dans un monde différent en laissant au pas de la porte tous nos soucis et souffler le temps de quelques pages. Car chaque livre est une porte de sortie pour échapper à la réalité, et une porte d’entrée vers le monde des rêves, qui nous est si cher quand nous sommes enfants. Mais, pourquoi les portes de ces mondes si merveilleux devraient-elles se fermer sous prétexte que nous avons quelques années de plus ? Il faut continuer à s’émerveiller de toutes ces choses aussi insignifiantes qu’elles puissent paraître. Pour la santé de mon esprit, je continue de sourire devant un beau coucher de soleil, je suis attendrie par les petits chats, j’apprécie le sourire de passants inconnus, l’odeur des sucreries de mon enfance. Et pour trouver encore plus de sources d’émerveillement, j’ouvre un livre. Par procuration, je vis des tas d’aventures, j’assiste à la naissance de belles histoires d’amour, je rencontre des personnages qui me font voir le monde différemment, des personnages qui me donnent du courage. J’extériorise mes douleurs et mes peurs à travers l’empathie que je peux ressentir pour les personnages en souffrance ; nos émotions se mélangent pour n’en faire plus qu’une. Et, partagée, la douleur est moindre, le poids est moins lourd. Aussi, parce qu’ils permettent de vivre d’autres vies par procuration, les livres sont des trésors, des leçons. Il est important de savoir le plus de choses possibles. A quoi bon revendiquer le droit d’avoir le choix alors quand on ne peut pas voir les différentes possibilités ? (est-ce vraiment utile de vouloir choisir entre le blanc et le noir quand il y a des nuances de bleu, de rouge, de vert ?)

Lire ne signifie pas s’enfermer au point d’en oublier le monde. Lire signifie ouvrir son esprit et agrandir son champs de vision pour comprendre le monde.


  • “Binge reading” : le livre devient-il un nouveau produit de consommation ?

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Avoir une liseuse avec soi permet de transporter et lire plusieurs livres à la fois, n’importe où et n’importe quand ; on peut désormais obtenir un livre en un clic pour avaler encore plus de mots. Mais, peut-on vraiment lire “trop”? Est-ce que le “binge-reading” pourrait devenir une mauvaise chose ou au contraire devrait-on s’encourager à lire toujours plus ? A-t-on vraiment le temps de savourer les livres quand on enchaîne si rapidement les lectures ?

Je me sens parfois coupable de ne pas assez lire, et je me suis longtemps sentie coupable de ne pas les “bons” livres. C’est comme un challenge permanent que je m’impose et je me culpabilise lorsque je ne veux pas prendre le temps de lire simplement. J’accumule tout un tas de livre qui me font envie, la pile prend de la hauteur au fil des jours. Mais je ne lis pas. [Je te renvoie à mon article précédent ici]

Existe-t-il un quota à respecter pour se nommer “lecteur” et un autre pour être un “bon lecteur” ? Un genre a-t-il plus de valeur qu’un autre ? Cette question a été abordée par Margaud Liseuse dans une vidéo que j’ai visionnée alors que je rédigeais cet article, et tu peux la visionner à ton tour :

Et mon point de vue est très similaire, j’ai eu ces mêmes angoisses de jugement (« quoi ? tu lis/regarde/écoute ça ? Mais c’est nul, c’est ridicule, c’est puérile, etc.), alors je ne développerai pas plus ici. 


  • Le voyage : où nous portent les livres ?

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Quand j’ai acheté ma liseuse, c’est le coté pratique qui m’intéressait, le plaisir aussi de pouvoir transporter avec moi plein de livres différents et de pouvoir les acquérir d’un clic. Et je dois dire que j’en ai été très satisfaite cet été. Je savais que je n’aurai pas forcément l’opportunité d’acheter les livres que je voudrais sur place et je ne savais pas lesquels emporter. J’achète souvent mes livres sur des coups de tête et je n’aime pas faire des piles à lire. Même si c’est moi qui choisis les livres se trouvant dans la pile, je me sens un peu prisonnière de cette liste et je me sens comme obligée de les lire ; la lecture me paraît moins spontanée. Alors, je préfère ouvrir les livres comme ils se présentent, selon mes envies. Ce à quoi a parfaitement répondu ma liseuse. Mais, cela n’enlève en rien le plaisir d’avoir une belle bibliothèque bien remplie, de recevoir des livres dont la couverture nous fait déjà rêver avant même d’avoir ouvert le livre, de flâner dans les rayons d’une librairie en imaginant le goût de chaque livre comme s’ils s’agissaient de petits chocolats savoureux.


  • Mais finalement, quel est le plus important ? Le support ou le voyage ?

Un livre nous transporte-t-il moins loin quand il change de support ? Aurais-je moins apprécié l’histoire d’Aristote et Dante si je l’avais lu sur ma liseuse ? Aurais-je terminé plus vite La Malédiction Grimm si je l’avais lu sur papier ?

Peut-être pouvons-nous dire que la liseuse est adapté à ceux qui s’intéressent au voyage en lui-même, alors que les livres sont pour ceux qui souhaitent garder des souvenirs de ces voyages.

Je garde mes livres comme des souvenirs de ma propre vie. Chaque livre de ma bibliothèque est attaché à un souvenir. Il garde en lui un moment de ma vie, une humeur, une pensée, une envie. Comme avec ma propre vie, je change l’organisation de mes livres ; parfois, ils forment des piles désordonnées, des tas difformes et abandonnés, mais quand je décide de les ranger, je prends le temps de poser le regard sur chaque livre, et chaque couverture et je me remémore l’histoire qu’il possède et l’histoire que je lui ai donné.

N’arrêtez pas votre regard sur cette fille qui s’attache à du papier et de l’encre ; voyez plutôt celle qui s’accroche à ces moments de vie, ces souvenirs, ces émotions, ces voyages, pour oublier les peurs de sa propre vie.


Même si j’accepte et utilise les deux supports, je ne peux me résoudre à abandonner ces petits compagnons qui me suivent, bienveillants et innoncents.


Et vous, quel support préférez-vous utiliser ? Êtes-vous du genre à collectionner vos livres ou à vous en débarasser une fois terminés ? Prêtez-vous attention au format et à la couverture de vos livres ? Pensez-vous que cela influence vos choix de lecture ?

Lâchez-vous, c’est l’endroit : il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses 😉

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