Darren Shan, Zom-B : une histoire à dévorer !

Zom B (blog)
De quoi ça parle ?
Lorsque les premières vidéos d’attaques de zombies sont mises en ligne sur YouTube, personne ne peut y croire. Pourtant, on y voit bien des créatures dévaster l’Irlande… Mais pour B, le plus important est déjà de survivre au lycée et d’éviter de croiser son père, un alcoolique à la main lourde.
Quand les zombies débarquent dans son lycée, B va falloir trouver rapidement d’autres survivants pour espérer rester en vie ! Des couloirs de son école jusque dans les rues vides de Londres, B va devoir apprendre une nouvelle vie pour ne pas rejoindre les hordes de morts vivants.

Ce qui m’a attiré ?
C’était assez étrange, car au début je ne m’intéressais pas vraiment aux histoires de zombies. Même si j’ai pu voir déjà quelques films de zombies, en livres, ça ne m’attirait pas du tout. Je ne voyais pas ce qu’on pouvait raconter d’intéressant sur des morts-vivants qui sortent de terre et dévorent tous les cerveaux qui passent. D’autant plus que je n’arrive pas à regarder The Walking Dead (qui, pourtant, fait un carton). Et puis, il y a quelques mois, un ami m’a parlé de “CARGO”, un court métrage mettant en scène des zombies, qui est plus touchant que flippant. Ce qui m’a fait un peu revoir mes préjugés sur les histoires de zombies.

J’ai découvert ce livre grâce à une vidéo de Nine (des Lectures de Nine) lors d’un update lecture. Elle y a surtout mentionné le fait que l’auteur était irlandais (d’ailleurs l’intrigue mentionne un village irlandais du côté de Limerick). J’étais donc ravie de voir un auteur irlandais qui s’attaquait à une série de roman pour adolescents / jeunes adultes. De plus, ce qui m’a vraiment convaincue à me procurer ce livre était le sujet du racisme omniprésent dans ce roman. C’est un sujet très complexe à aborder, surtout dans la littérature jeunesse ; en effet, il faut savoir doser le racisme exprimé pour qu’il paraisse réaliste sans être justifié, mais ne pas non plus tomber dans le roman moralisateur qui peut vite décourager certains lecteurs.
J’étais donc très curieuse, et j’avais envie de m’attaquer à quelque chose de complètement différent de ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant.

Ce que j’en pense maintenant ?
Je commencerais par une phrase ultra-simple : j’ai dévoré ce livre ! (dévorer un livre, dévorer le cerveau … ouais, bon j’étais contente de ma petite blague). Ce livre est très court, ce qui pourrait nous laisser croire que l’intrigue sera vague, avec des personnages creux et des actions survolées, mais il s’inscrit dans une série de 12 livres, je ne m’inquiète donc pas sur la suite.
L’intrigue tourne beaucoup autour de deux personnages, B et son père. Ces deux-là ont une relation vraiment complexe mêlant haine et respect. B aime son père et se le répète plusieurs fois comme pour s’en convaincre ; à vrai dire, B a l’air de lutter entre son devoir d’aimer son père et le dégoût qu’il lui inspire à travers ses propos racistes et parfois sexistes.
Tout au long de ce roman, cette lutte nous pousse à réfléchir sur la légitimité de nos pères ; doit-on reproduire leurs actes parce qu’ils sont justement nos pères ? Doit-on croire tout ce que nous disent nos parents ? Et plus largement, doit-on adhérer à ce que nous disent tous ceux qui incarnent “l’autorité” ?
Par ailleurs, dans le prologue, Darren Shan s’adresse directement à nous et nous explique son “motto” qu’il reprend aussi sur son site internet : “I felt I had to do what I could to get young readers questioning the ways of their elders, to decide for themselves what is right or wrong, to look for the truth behind the cloud of lies. The main message I wanted to impart was — QUESTION EVERYTHING!” (Je ressentais le devoir de faire de mon mieux pour pousser les jeunes à remettre en question les manières de leurs aînés, décider par eux-mêmes ce qu’est le bien et le mal, de chercher la vérité derrière le nuage de mensonges. Le message principal que je voulais transmettre était : Il faut tout remettre en question !). D’ailleurs, j’ai eu l’impression que l’auteur s’était faufilé à l’intérieur de son roman à travers M. Burke, le professeur d’histoire, qui a cette phrase percutante There are a lot of black-hearted, mean-spirited bastards in the world. It’s important that we hold them to acount. But always remember that you might be the most black-hearted and mean-spirited in the lot, so hold yourself the most accountable of all. (il y a beaucoup de bâtards mesquins aux coeurs de pierre dans ce monde. Et il est important qu’ils rendent des comptes. Mais n’oublie jamais que TU pourrais être le plus mesquin au coeur de pierre, alors soit toujours exigeant avec toi-même) . Ces petites phrases sont parsemées dans le livre, et ne sont pas directement adressées aux lecteurs, ce qui évite au livre de paraître trop moralisateur.
Un autre bon point pour ce roman, ce sont les illustrations qui ponctuent notre lecture, et qui ne sont pas désagréables du tout ! Ces dessins me faisaient d’ailleurs penser à un roman graphique, et ce mélange rend le récit bien plus dynamique.

Ce que j’en retiens ?
Ce livre fut une belle découverte, et une belle entrée dans la littérature “zombie”. Cette lecture m’a donnée envie d’en lire plus. Et je me suis d’ailleurs empressée de lire la suite “Zom-B Underground” dont je ne ferai pas de revue, car il serait trop dur de parler du livre sans faire de spoiler sur le tome précédent (d’autant qu’il y a des f***ing twists à la fin!).
Je vous conseille de lire ce roman, [et pour les plus sensibles d’entre vous, je rappelle qu’il s’agit d’un livre destiné à un jeune public, et je tiens aussi à préciser que j’ai réussi à manger mon sandwich en lisant les scènes les plus dégueux!]

NB : pour ceux qui le peuvent, je conseille de le lire en VO (anglais), ça pourra ajouter un petit plus à votre lecture 😉

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